Asha – La volonté de Dieu

Asha

La volonté de Dieu

Prof.Farhang Mehr

 Université de Boston

 

Asha signifie la vertu, la justice et loi divine et naturelle qui gouverne l’univers. Il contribue au progrès vers la réalisation de soi et la perfection (Hurvatat).

Asha est un attribut sublime de Ahura Mazda, et suit Vohu Mana dans la hiérarchie. Ahura Mazda, Vohu Mana et Asha constitue la divine Trinité.

 Ahura Mazda conçu l’univers dans sa esprit (Vohu Mana), le façona dans sa conscience (Daena), le manifesta à travers sa creativité (Spenta Mainyo) et le mit en marche en accord avec Sa Loi Eternelle (Asha). Dieu est Asha et Asha représente la volonté divine. Les Gathas déclarent que Asha forme une seule volonté avec Ahura Mazda (Y28,8).

L’éxistence d’une loi et d’un ordre eternel est un concept profondément enraciné dans la culture Indo-Iranienne. Dans les anciens écrits persans, il est appelé Arta. Il s’agit de l’équivalent Vedique de Rta. Ahura Mazda confia la loi eternelle de Asha à son co-équipier le plus fidel, Zarathushtra, et lui donna la mission de la faire connaitre à l’humanité. Même avant la révélation, Zarathushtra vivait sa vie en accord avec Asha (Y29,8) et peut donc être consideré comme la représentation de Asha dans le monde.

 I. En tant que vertu, Asha constitue le critère afin de determiner entre le bien et le mal (Y30,7, 37,5). Il donne l’éthique normative, ainsi que les critères qui s’appliquent à tout le monde et à toute époque. Il représente les valeurs absolus. Le relativisme est contraire à la moralité Gathique. Les questions de l’égoisme et de l’utilitarianisme qui apparaissent dans la philosophie morale, n’éxistent pas dans le Zoroastrisme. La suppostion est que les bonnes actions produisent certains bénéfices pour l’auteur de ces actions ainsi que pour la societé en général. L’accruance de bénéfices pour l’auteur de ces actions sont automatiques.
Le Zoroastrisme croit en une moralité universelle. Les bonnes actions ont leurs origines dans le bon ésprit (Vohu Mana) ainsi que dans la verité et la justice (Asha). Les bonnes actions doivent être faites avec amour et avec un ésprit désintéressé (Armaity); Afin de faire une bonne action, l’ésprit et le coeur doivent être unis.

Tels sont les sauveurs de l’Univers,
Ils répondent à l’appel du Devoir, à l’appel de l’Amour;
Mazda, ils écoutent Vohu Mana;
Ils font ce que Asha leur demande, ainsi que Tes commandes
Ils sont certainement les vainqueurs de la Haine.”

 

(Gathas, Yasna 48.12, Taraporewala translation).

 

Ainsi, dans les metaéthiques du Zoroastrisme, la vertu et le mal sont détérminés par Vohu Mana et Asha comme critères. Pour simplifier les choses, Zarathushtra a formulé la phrase clef de la religion: ‘bonne pensées, bonne parôles et bonnes actions’. Le dicton décrit les principes de Asha en action.

II. En tant que Justice, la loi de Asha assure que les bonnes actions soient suivis par de bonnes conséquences (Y44,19, Y51,15, Y53,6). Un individu récolte ce qu’il ou elle sème. Chacun recoit son Mizhdem. Mizdhem siginfie les conséquences d’une action. La récompense ou la châtiment, bien qu’utilisés assez librement dans les traductions des Gathas, ne sont pas vraiment de bonnes traductions pour Mizdhem. Ahura Mazda est au-dela de la récompense et du châtiment. Il représente exclusivement le Bien. Mizdha ou les conséquences désignent le fruit d’une action, recoltés par la pérformance (Y51,13): la meilleure existance pour les vertueux et la pire existance pour ceux qui font le mal. Asha garantie egalement la victoire finale du Bien et la défaite du Mal, ce qui évoque l’omnipotence de Dieu.

 La vertu est la meilleure chose qui puisse exister et elle est le but radieux de notre vie sur terre. Chacun doit vivre sa vie avec vertu et seulement au non de la vertu.  Le gain ne doit pas être une motivation pour faire de bonnes actions. Faire son devoir au nom du devoir est la base de l’action désintéréssée. Le processus de réalisation de la victoire du Bien sur le Mal doit se faire petit à petit. Un être humain qui fait le bien doit être un assistant ou un co-équipier de Dieu, et doit faire vaincre le bien et détruire le mal afin de faire avancer le monde et le progrès de l’être humain vers la perfection. Dans la tradition Zoroastrienne, la verité est justice et la justice est dans Asha.

 III. En tant que loi divine et naturelle, Asha désigne la loi éternelle et immuable qui gouverne l’univers. Il régularise les mondes spirituels et matériels. Dans le Zoroastrisme, la loi naturelle et divine sont les mêmes.
Tout comme Dieu, la loi de Asha est inchangeable, mais il cause le changement dans le monde et détermine le dynamisme du monde. Il organise la renovation et le rafraishissement graduel (Frasho Kereti) du monde.

Asha représente la loi causative — la relation entre les actions d’un individu et de leur Mizhda. Dans le Zoroastrisme, ce sont nos actions qui détérminent la direction de notre vie et de notre destin. Un individu est libre de choisir ses propres actions et mettre Mizhda en marche. Ainsi, les conséquences de toute acton sont pre-détérminées mais nos choix ne le sont pas. Ainsi, le destin de l’homme n’est pas pré-déstiné. Une fois le choix est fait, la direction de notre vie est décidée. Les conséquences des actions d’un individu–les pensées, les parôles et les actions–vont suivre en accord avec la loi de Asha. Ceci est la volonté de Dieu ainsi que Sa divine justice.
Rien ne peut changer l’opération de la loi de Asha. Il n’ y a aucune médiation possible. Personne, ni même un prophète, ne peut intervenir (ceci est contraire aux religions Abrahamiques). Chaque action généralise une conséquence. Il ne peut y avoir d’ajout ou de soustraction des conséquence. Même le répentir ne peut changer le cours de la justice.

 

Il existe trois caractéristiques de Asha. Bien que les Gâthâs ne parlent que du principe, l’Avesta plus tardif défini le caractère en détail de cértains types de comportement. Cértaines normes de conduite sont hautement récommendées, et cértaines actions sont strictement intérdites. La colère (aeshma), la violence (rma), la décéption (drauga), le mensonge (druj) sont des péchés. Au contraire, l’honnêteté (Arsh Manangha), l’obéissance aux promesses (mitra), la compassion (merezehdika) et la charité (rata)9 sont des actes de pieté. La conceptualisation des normes morales établies dans les Gâthâs nous aident à donner une meilleure compréhension du contenu éthique de la loi de Asha.

 

 1. Liberté: La liberté de l’homme est le bien divin le plus précieux. C’est le droit naturel de tout être humain. La liberté de l’homme est tellement sacré que Dieu Lui-même ne peut intérvenir sur la liberté humaine, même en ce qui concerne le choix de religion.

Pretez oreille à ces divins conseils:
Fixez aux flammes du feu et décidez avec votre meilleur jugement.
Que chaque personne puisse choisir sa foi, avec cette liberté de choix dont tout le monde jouit”

(Gathas, Yasna 30.2, Dinshaw Irani translation.).

 

 Peu de prophètes ont proposé à leur audience de peser les doctrines de la foi avec raison et bon ésprit.

Le droit de liberté est aussi reflété dans le concepte Zoroastrien de la relation entre Dieu et l’homme. Contrairement à l’Islam, dans lequel l’homme est le ‘abd’ (esclave) de Dieu, et contrairement aussi au Christianisme dans lequel l’homme est l’enfant de Dieu, dans le Zoroastrisme l’homme est l’assistant ou le co-équipier de Dieu. Ainsi ni l’autorité du maitre ou du père ne peux contraindre la liberté de choix de l’être humain. Les forces de restriction sont les convictions morales ainsi que la conscience (Daena) et le bon esprit (Vohu Mana) de l’individu.

 2. Egalité. L’égalite entre les hommes et les femmes existe dans le Zoroastrisme. Dans tous ses sermons, Zarathushtra adresse l’homme (na) et la femme (nairi) de façon séparée et égale. Dans un sermon donné à sa fille Pouru-chista, Zarathushtra enseigne que les jeunes hommes et les jeunes femmes doivent faire appel à leur raison, leur amour (armaity) et leur sagesse avant de prendre la décision de se marier. Aucune discrimination est admise. Les êtres humains sont tous égaux, quel que soit leur sexe ou la couleur de leur peau. Un individu ne peut qu’être supérieur grâce à la vertu. C’est la seule distinction.

 3. Les droits de l’homme. D’aprés le professeur Hinnells,

“Le Zoroastrisme est la premiere religion qui parle des droits de l’homme et qui condamne les limitations de ces droits sous n’importe quel pretexte”.
Hinnells, Theory and Practice of Human Rights in Zoroastrianism (presenté au quatrième congrés mondial Zoroastrien, Bombay, 1985).

 Bien que les “droits de l’homme” soit un terme rélativement moderne, le concepte des droits de l’homme en tant que système de valeurs est enraciné dans le Zoroastrisme.

Les Gâthâs condamnent la tyranie et l’injustice, et recommende aux les fidèles de ne pas se soumètre aux tyrants.

Le corps (tanu) et l’âme (urvan) sont inviolablent, et leur intégrité doit être réspectée. Les attaques physiques ou mentaux sont des actes répugnants. Rien ne doit être contraire à la loi.

 “Tout humain doit agir en accord avec la loi,

  La loi qui est à la base de toute vie,

  Avec une sévère justice le Ratu jugera,

Qu’il s’agisse de l’homme juste ou de l’homme faux;

Contre la décéption en lui, méticuleusement

Il pesera avec, toute la verité qui a été trompée”

 (Gathas, Yasna 33.1 Taraporewala translation).

 Le concepte de l’ésclavage n’existe pas dans l’enseignement de Zarathushtra, ni le système de castes ni le privilège des classes n’apparait dans les Gâthâs. La meilleure évidence de ceci peut être trouvé dans la prière de Zarathushtra pour Kavi Gushtasp, dans lequel il éspère que certains des fils du roi deviendraient agriculteurs, d’autres militaires et d’autres devienderaient religieux. Le privilège des classes qui éxistait à l’époque des Sassanides étaient contraires aux enseignements de Zarathushtra.

 

4. Protection de l’environment, est un aspect de Asha. L’Avesta qui apparait plus tard annonce que la pollution du sol, de l’eau, de l’air et du feu, quelque soit sa forme, est consideré comme un abus et une transgression de la nature et de la loi de Asha. Cette attitude protective a son origine dans le traitement Gathique de la vie et du monde matériel. La matière et la vie sont des bénédictions de Dieu et sont donc adorables. Ce monde source de joie est maintenu par Ahura Mazda, et en tant qu’assistants de Dieu, les êtres humains doivent faire preuve de sagesse et gratitude afin de préserver le monde. Les Zoroastriens ont conscience de l’importance de proteger la nature de la pollution. Les éléments naturels sont essentiels pour l’éxistence et le progrès. Les êtres humains sont résponsables de la nature dans ce monde. Quiconque détruit la nature ou abuse d’elle, désobeit à la loi de Asha et souffrira des conséquences.

 

 5. Vie active et constructive. La passivité est un attribut du mal. La sagesse divine, la vertu et le courage moral contribuent à la vie active. Le prophète enseigne à ses disciples qu’ils doivent rester actifs et constructifs.

“O sage Jamaspa Hvogva, je t’ai appris
Que l’action à la passivité est supérieure.
Obéir à Sa volonté, l’adorer avec des actions,
Et à travers Sa Loi éternelle faire discrimination
entre les sages et les mauvais.”

 

(The Gathas, Yasna 46.17, Taraporewala translation).

 Le monasticisme, le célibat, l’ascétisme et l’auto-déstruction n’ont pas de place dans le Zoroastrisme. La fonction de Ahu est de préserver la vie et la vitalité, de donner aux hommes une opportunité de mettre en valeur leur apréhensions morales. Le but de la vie est le bonheur–Ushta. La vie est un champs de bataille entre le Bien et le Mal, et les êtres humains doivent jouer le rôle de guerriers du Bien.

 

6. Le progrès et la modernité. Asha est la loi du progrès. Il s’agit d’une loi organique capable d’accomoder modernité sans changer l’essence de la loi, et les principes Gathiques en général. Par example, il encourage l’homme à respecter l’environment. En ce qui concerne la mort, les Zoroastriens peuvent utiliser une méthode pour disposer des corps qui n’est pas nuisible pour la nature, dépendant de l’endroit et de l’époque.

Les Gâthâs apprennent à l’homme de prendre soin de sa santé physique et mentale. Avec l’acquisition du savoir, le progrès en médécine, en science et en téchnologie, chacun doit prendre des décisions sur quelle diéte, et quelles viandes et boissons peuvent être consomée.

 Les Gâthâs nous conseillent de ne pas nous soumèttre aux rois et aux chefs injustes et déspotes. Avec les experiences et le savoir acquis par les sociologues, un Zoroastrien doit être capable de décider du meilleur système de gouvernement. Asha est la loi du progrès et elle est valable à notre époque moderne.

 

Les Zoroastriens de la diaspora vont réussir s’ils consultent la bonne pensée, Vohu Mana, et suivent le chemin de Asha, comme l’ont fait nos ancèstres et comme le font nos frères et soeurs en Iran, en Inde et au Pakistan.

Source

 

 

Traduction de l’anglais au français par

Dorian Gordon Bates

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